09 septembre 2007
L'amour (Carla Bruni), chanson de circonstance dans ma vie
L'amour, hum hum, pas pour moi,
Tous ces "toujours",
C'est pas net, ça joue des tours,
Ca s'approche sans se montrer,
Comme un traître de velours,
Ca me blesse, ou me lasse, selon les jours
L'amour, hum hum, ça ne vaut rien,
Ça m'inquiète de tout,
Et ça se déguise en doux,
Quand ça gronde, quand ça me mord,
Alors oui, c'est pire que tout,
Car j'en veux, hum hum, plus encore,
Pourquoi faire ce tas de plaisirs, de frissons, de caresses, de pauvres promesses ?
A quoi bon se laisser reprendre
Le coeur en chamade,
Ne rien y comprendre,
C'est une embuscade,
L'amour ça ne va pas,
C'est pas du Saint Laurent,
Ca ne tombe pas parfaitement,
Si je ne trouve pas mon style ce n'est pas faute d'essayer,
Et l'amour j'laisse tomber !
A quoi bon ce tas de plaisirs, de frissons, de caresses, de pauvres promesses ?
Pourquoi faire se laisser reprendre,
Le coeur en chamade,
Ne rien y comprendre,
C'est une embuscade,
L'amour, hum hum, j'en veux pas
J'préfère de temps de temps
Je préfère le goût du vent
Le goût étrange et doux de la peau de mes amants,
Mais l'amour, hum hum, pas vraiment !
20 mars 2007
La faute à qui
La faute à qui
Si le temps nous menace
La faute à la vie,
Cette grande partie de cache-cache
Où l'on croit tout avoir appris
Mais qui chaque jour nous dépasse...
Alors on continue
A se tromper
Alors on continue
A espérer
La faute à qui
Si le bonheur nous lâche
La faute à la vie
Qui s'enfuit et nous lasse
Où on perd de vue ce qu'on a en face
Mais qui comme un fantôme s'efface...
Alors on continue
A se tromper
Alors on continue
A espérer
La faute à qui
Si on a oublié de se voir
La faute à qui
Si nos étreintes ne sont plus qu'espoir
Celui d'échapper à la vie
Qui déjà nous a séparés
La faute à qui
Si on s'est leurrés
La faute à qui
Si l'amour est parti
A tout détruit
A tout déchiré
Ainsi va la vie...
Alors on continue
A se tromper
Alors on continue
A espérer
Alors on casse tout,
Puis on reconstruit,
Alors on continue,
Ainsi va la vie...
Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être qu'une coïncidence...
19 mars 2007
Nuit d'insomnie
Nuit d'insomnie
D'interrogations
De tournis
De boulimie d'émotion
Tourner, virer
Dans mes pensées
Remuer, déterrer,
Cloper, penser
Toujours penser
Penser au passé
Penser à demain
Je vais être éclatée
Arrêter de penser
Arrêter de cloper
Le silence, juste le silence
P***** de vent, arrête de souffler
Nuit d'errance
Nuit d'impatience
"Je pense donc je suis?"
Descartes, va voir par là si j'y suis...
Texte écrit environ à 3h du mat' à moitié dans le cosmos... C'est drôle de relire ça le lendemain !
18 mars 2007
Ces jours-là
Ces jours-là
Je broie le noir
De la terre entière
et puis un peu le gris aussi
Histoire de varier les plaisirs
J'aime bien les clairs-obscurs
Quand c'est uni c'est ennuyeux
Et déprimer en s'ennuyant
C'est un peu fâcheux
Voici un énième texte à la con
Sur les jours de déprime
Intarissables sources d'inspiration
16 mars 2007
A consommer sans modération
Saveur sucrée, sacrée parfois salée
De tes morceaux j'aime la douceur
De tes pépins je tire ma force...
Je te croque, je te dévore,
Plus je te mange et plus je t'adore.
De ma gourmandise, aucun remord
Car plus je t'admire mûrir
Plus je vois que je n'ai pas tort
Laisse-moi honorer tes couleurs
Laisse-moi humer ton odeur
Laisse moi te désirer encore
Jusqu'à cette bouchée, la dernière...
De toi, précieuse Vie, j'en veux encore, encore...
04 février 2007
Interlude
Il est des jours où mon coeur pèse si lourd
Qu'il me leste dans un océan de tristesse
Comme pétrifié, mon corps m'étouffe
Me trahit, m'empêche d'avancer
Je tente de sauver les apparences
A coups de fards et de sourires insouciants
A quoi bon tergiverser sur des vagues à l'âme passagers
Puisque le temps va tout effacer...
31 janvier 2007
Conseils de beauté et d'amour...
10 trucs de beauté !
Pour avoir des lèvres attirantes, prononcez des paroles de bonté.
Pour avoir de beaux yeux, regardez ce que les gens ont de beau en eux.
Pour rester mince, partagez vos repas avec ceux qui ont faim.
Pour avoir de beaux cheveux, faites qu'un enfant y passe sa main chaque jour.
Pour avoir un beau maintien, marchez en sachant que vous n'êtes jamais seule.
Les gens, bien plus que les choses, ont besoin d'être réparés, renouvelés, revigorés, récupérés et rachetés. Ne rejetez jamais quelqu'un.
Pensez-y : si un jour vous avez besoin d'une main secourable, vous en trouverez une à chaque bout de vos bras. En vieillissant vous vous rendrez compte que vous avez 2 mains, l'une pour vous aider vous-même, l'autre pour aider ceux qui en ont besoin.
La beauté d'une femme n'est pas dans les vêtements qu'elle porte, son visage ou sa façon d'arranger ses cheveux. La beauté d'une femme se voit dans ses yeux, car c'est la porte ouverte sur son coeur, l'endroit où est son amour.
La beauté d'une femme n'est pas dans son maquillage, mais dans la vraie beauté de son âme. C'est la tendresse qu'elle donne, l'amour, la passion qu'elle exprime.
La beauté d'une femme se développe avec les années.
15 Faits importants de la vie !
1. Il y a au moins 5 personnes dans ce monde qui t'aiment au point de mourir pour toi.
2. Il y a au moins 15 personnes qui t'aiment d'une certaine manière.
3. La seule raison pour laquelle une personne te déteste, c'est parce qu'elle veut être comme toi.
4. Un sourire de toi apporte de la joie à quelqu'un, même s'il ne t'aime pas.
5. Toutes les nuits, quelqu'un pense a toi avant d'aller se coucher.
6. Tu représentes le monde pour quelqu'un.
7. Si ce n'était pas pour toi, quelqu'un ne pourrait pas vivre.
8. Tu es spécial et unique.
9. Quelqu'un dont tu ignores l'existence t'aime.
10. Quand tu fais la plus grosse bêtise, quelque chose de bien provient de celle ci.
11. Quand tu penses que le monde te tourne le dos, regarde bien: c'est surtout toi qui tourne le dos au monde.
12. Quand tu penses que tu n'as pas de chance quand tu n'as pas ce que tu veux, tu ne l'auras probablement pas. Si tu crois en toi, probablement, tôt ou tard, tu l'auras.
13. Souviens-toi toujours des compliments que tu reçois. Oublies les remarques méchantes.
14. Dis toujours aux gens ce que tu ressens a propos d'eux; tu te sentiras mieux quand ils le sauront.
15. Si tu as un meilleur ami, prends, le temps de lui dire ce qu'il représente pour toi.
Ces jolis textes proviennent d'un blog, allez le voir.
Une jolie fable...
Ce texte est tiré d'un post du forum psychologies.com. Je l'ai trouvé trop beau...
LE POT FÊLÉ
Une vieille dame chinoise possédait deux grands pots, chacun suspendu au bout d'une perche qu'elle transportait, appuyée derrière son cou.
Un des pots était fêlé, alors que l'autre pot était en parfait état et rapportait toujours sa pleine ration d'eau À la fin de la longue marche du ruisseau vers la maison, le pot fêlé lui n'était plus qu'à moitié rempli d'eau.
Tout ceci se déroula quotidiennement pendant deux années complètes, alors que la vieille dame ne rapportait chez elle qu'un pot et demi d'eau.
Bien sûr, le pot intact était très fier de ses accomplissements. Mais le pauvre pot fêlé lui avait honte de ses propres imperfections, et se sentait triste, car il ne pouvait faire que la moitié du travail pour lequel il avait été créé.
Après deux années de ce qu'il percevait comme un échec, il s'adressa un jour à la vieille dame, alors qu'ils étaient près du ruisseau. « J'ai honte de moi-même, parce que la fêlure sur mon côté laisse l'eau s'échapper tout le long du chemin lors du retour vers la maison. »
La vieille dame sourit : « As-tu remarqué qu'il y a des fleurs sur ton côté du chemin, et qu'il n'y en a pas de l'autre côté ? J'ai toujours su à propos de ta fêlure, donc j'ai semé des graines de fleurs de ton côté du chemin, et chaque jour, lors du retour à la maison, tu les arrosais.
Pendant deux ans, j'ai pu ainsi cueillir de superbes fleurs pour décorer la table. Sans toi, étant simplement tel que tu es, il n'aurait pu y avoir cette beauté pour agrémenter la nature et la maison. »
Chacun de nous, avons nos propres manques, nos propres fêlures. Mais ce sont chacune de ces craques et chacun de ces manques qui rendent nos vies ensemble si intéressantes et
enrichissantes à trouver ce qu'elle a de bon en elle.
Donc, à tous mes amis fêlés, passez une superbe journée et rappelez-vous de prendre le temps de sentir les fleurs qui poussent sur votre côté du chemin !
Prenez le temps d'envoyer ce message à tous vos amis fêlés, et pensez aussi à la personne qui vous a envoyé ce message !
Vivez, donnez, aimez et soyez reconnaissant !
30 janvier 2007
La page blanche...
Seule, devant mon ordinateur, voici tout ce qui m'est passé par la tête avant l'écriture d'un essai...
Mes doigts trébuchent, hésitants, sur les touches de mon clavier. Des livres sont empilés un peu partout. Pourtant, je sais ce que tu vas dire, je sais ce que je veux te faire dire. Mais c’est ainsi : un pas en avant, deux pas en arrière. Je tape une lettre, je l’efface aussitôt ; je tape un mot, et j’ai le sentiment qu’il est de trop. Comment t’enfanter ? J’ai tant d’idées qui défilent.
Le temps passe, je suis lasse.
Je sais. Tu m’attends. Mais je crois que je ne suis pas prête. Arrête de me regarder. Ton vide m’agace.
Et puis tant pis. Après tout, tu ne seras peut-être pas le plus beau ni le meilleur. Tu viendras de mon cœur. C’est peut-être déjà beaucoup, après tout.
Tu tiens ma tête et mes doigts en otage. Vas-y, je t’en supplie, guide-moi sur cette page. Je me donne à toi. Que tes mots m’emportent. Je sais bien que c’est toi qui tiens les rennes. Je sais que ce sont les mots qui m’utilisent, alors vampirise-moi à ta guise. Je ne t’en voudrai pas. Mais dépêche-toi.
Ah, on va peut-être devenir copains ! Mes doigts commencent à courir sur le clavier, enfin. Depuis tant d’heures où j’attendais ta lueur. Continue… Je ne pense plus à rien, je t’appartiens.
Une nouvelle
Voici une nouvelle que j'ai écrite il y a maintenant bientôt 2 ans. Comptez environ 5 minutes de lecture. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.
Comme on vit bien avec ceux qu’on ne connaît pas trop…
I Un témoin
Tout le monde aspire à rencontrer l’âme sœur. Mais l’amour change avec les années. Il nous pousse à toujours nous remettre en question. L’histoire de mon amie, Martha, en est un bel exemple.
Le 20 avril 1976, Martha avait dit oui à Jean-Philippe, alors qu’ils étaient deux fougueux jeunes gens qui avaient toute la vie devant eux…
Leur histoire avait démarré très fort. Jean-Philippe avait eu le coup de foudre pour elle… Il finissait ses études de médecine à cette époque. Martha était serveuse à la brasserie en face de la faculté où étudiait Jean-Philippe. Il s’étaient rencontrés là. Ils s’étaient mariés exactement un an après…
Vingt – six ans après cette heureuse rencontre, Jean-Philippe était un brillant psychiatre reconnu par ses pairs, avec son propre cabinet et son agenda surchargé. Quant à elle, elle avait arrêté de travailler à la naissance de leur fille, Julie, presque un an et demi après leur mariage, et avait consacré tout son temps pour l’élever. Elle avait retrouvé un emploi de caissière à mi-temps dans le petit supermarché du coin, lorsqu’elle avait jugé sa fille capable de s’assumer. Pas spécialement pour gagner plus d’argent puisque grâce au métier de son mari, ils n’étaient pas nécessairement dans le besoin, mais pour être active et se créer d’autres contacts. L’autre partie de son temps était réservée aux cours de dessin qu’elle suivait depuis peu pour son plaisir, et à l’écriture, sa passion : en effet, elle était déterminée à trouver un éditeur qui publierait ses romans. Elle avait toujours essuyé des refus, mais sa volonté restait inébranlable.
On dit que l’amour évolue. Qu’il devient de la tendresse et de la complicité avec les années. Seulement dans certains cas, il s’émousse plus qu’il n’évolue. Les petites attentions, les surprises, les cadeaux, et même simplement les mots d’amour, s’évaporent, peu à peu, au fil du temps.
Jean-Philippe travaillait beaucoup, et était souvent terrassé par la fatigue en rentrant le soir. Quant à Martha, elle se renfermait de plus en plus dans monde : son bureau, ses quelques mètres carrés. En fait, ils avaient tout bonnement perdu l’habitude de se séduire l’un l’autre.
Son bureau, comme souvent me le répétait à Martha, était l’endroit où elle s’accordait toutes ses rêveries ; c’est là aussi qu’elle donnait inlassablement vie aux personnages de ses romans.
Je ne me rendis compte du profond mal-être de mon amie que la veille de ses vingt-cinq ans de mariage avec Jean-Philippe. J’étais venue la voir pour lui tenir compagnie, car ce dernier était parti en colloque pendant quelques jours à Paris ; en outre, Julie était installée avec son compagnon depuis quelques mois.
Martha s’était mise à pleurer en parlant de son anniversaire de mariage. Elle était nostalgique du début de leur relation. Elle me dit qu’elle se sentait délaissée, qu’elle avait le sentiment qu’il ne la voyait plus. Que sa vie l’ennuyait, qu’elle désirait autre chose.
Le jour suivant, Martha m’appela, en pleurs, pour me dire que Jean-Philippe ne rentrait finalement que le lendemain, et que selon toute vraisemblance il avait oublié leur anniversaire. J’essayai de la rassurer, pensant que tout de même, il n’avait pas pu faire cela, que sans doute, il lui préparait une surprise pour le lendemain.
Mais il rentra de voyage et n’y fit aucune allusion, comme me le rapporta Martha le soir du retour de son époux. Il avait vraiment oublié. Elle lui fit part de sa tristesse et de ses doutes concernant leur couple, et de son besoin de réfléchir.
Ils décidèrent donc de se séparer pendant quelques temps.
Dès lors, régulièrement, je rendis visite à mon amie, afin de la soutenir dans cette douloureuse phase; sa fille venait la voir de temps à autre également, sous le choc de la triste nouvelle. Martha s’était encore plus repliée sur elle-même, et ne sortait que pour aller travailler et faire quelques courses. Elle aurait passé tout le reste du temps sur son ordinateur si je ne l’avais pas convaincue (non sans mal…) de se promener une heure ou deux avec moi sur la plage chaque jour, à ma sortie du bureau. Là, nous parlions de tout et de rien.
Cela devait faire environ un mois et demi que Martha et Jean-Philippe étaient séparés, quand un jour elle m’appela pour me prévenir qu’elle ne pourrait pas me voir ce soir-là.
II Lui
J’attendais, attablé à la terrasse du café, repensant aux derniers événements ; je n’avais rien vu venir. J’avais oublié notre anniversaire de mariage… C’est vrai, cela faisait quelques temps déjà que notre vie de couple était passée au second plan. Mais mes journées étaient devenues de plus en plus lourdes au fur et à mesure que je faisais ma place. J’avais acquis une certaine renommée dans le corps médical, le nombre de mes patients croissaient un peu plus chaque année, et grâce à cela nous menions une vie plutôt confortable avec Martha. A cinquante-cinq ans, j’avais réussi dans ma profession et construit un foyer, et ma fille Julie, installée depuis quelques mois avec son ami, étudiait avec brio le droit.
Et là, tout s’écroulait.
Un sentiment d’échec m’envahissait. Martha passait les trois quarts de son temps devant son ordinateur, et ne m’avait jamais paru malheureuse ; elle ne m’avait même jamais dit une seule fois à quel point elle se sentait délaissée. Et puis, il est vrai que j’étais si fatigué en rentrant le soir… J’aurais peut-être dû être plus présent…
J’attendais une femme que je ne connaissais pas… Nous avions conversé plusieurs fois sur Internet. Le premier soir où j’étais arrivé sur ce site de rencontre, son annonce m’avait interpellée :
Jeune femme, quarante-cinq ans, de Nice, cherche du rêve.
J’étais tombée complètement par hasard sur ce site ; c’était le fameux soir de notre anniversaire de mariage, avec Martha. J’étais à l’hôtel, et puis je pianotai sur mon ordinateur portable lorsque cette publicité avait attiré mon regard. Certes, j’étais marié, mais j’y allai par curiosité.
Et voilà. Nous avions parlé un peu, elle m’avait dit qu’elle se sentait seule. Elle était mariée, elle aussi, et cela nous avait rapproché ; elle ne cherchait pas à rencontrer quelqu’un, mais selon ses mots, son ordinateur était sa fenêtre vers une autre vie ; Internet lui permettait tous les fantasmes et que c’est cela qui lui plaisait. Et puis de fil en aiguille, nous avions parlé de choses et d’autres, de la vie, de l’amour… Elle m’avait touchée. Je ne sais pas pourquoi. Dès le lendemain de cette rencontre virtuelle, Martha m’annonçait sa décision de nous séparer quelques temps parce qu’elle se sentait délaissée et qu’elle avait besoin de réfléchir. Je pris donc l’habitude de parler à cette inconnue ; cela me libérait. Nous n’abordions pas nos déboires amoureux, nos conversations restaient légères vu notre besoin respectif d’échappatoires.
Et ce soir, j’allais la rencontrer. Pour quelle raison ? Je ne sais pas trop. Mais nous nous entendions si bien que le désir de mettre un visage sur ses mots se fit de plus en plus pressant chez moi. Je n’avais aucune idée de ce qu’il allait se passer. Mais je n’avais qu’une certitude : il fallait que je la rencontre.
Et là, je la vis…
III Elle
Je passai mes bas et ma robe. Je me regardai dans la glace du salon : j’avais un visage fatigué, il fallait rectifier le tir… Fond de teint, mascara, rouge à lèvre. Je voulais être désirable, ce soir. Pour lui… Mais surtout pour moi. Curieusement, je ne culpabilisais pas : j’éprouvais le besoin de plaire, de vivre. J’en avais assez de me sentir invisible. Je voulais exister. Mais j’appréhendais tout de même… Il m’avait proposé la veille de dîner avec lui, lors de notre conversation quotidienne sur Internet. Je ne m’attendais guère à cette invitation. J’hésitai… Mais la tentation était trop forte. Et puis, mon mari n’en saurait jamais rien.
Je regardai l’heure : j’étais en retard, il fallait que je me dépêche.
J’avais rendez-vous au Café Fesch à dix-neuf heures, avenue Félix Faure. Il m’avait dit que je le reconnaîtrais à la rose rouge qu’il aurait posée sur sa table. Moi-même, j’arborais une rose dans mes cheveux que j’avais laissés détachés.
La circulation ne fit qu’augmenter la tension qui montait en moi. Le temps de trouver une place… Je maudissais Nice, l’été.
Je me garai, retouchai un peu mon maquillage… Allons-y.
Je commençais à regretter mon entreprise un peu folle… Dieu seul savait ce qui m’attendait…
Tout à coup, en arrivant au café, mon cœur manqua un battement lorsque je le vis. Son visage se décomposa en m’apercevant.
- Martha…
C’était mon mari, devant moi, une rose rouge à sa boutonnière.

